HAITI PORT AU PRINCE.

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Haïti, frappé par un énorme séisme, attend le jour pour

compter ses morts

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Un tremblement de terre exceptionnellement puissant a dévasté mardi Port-au-Prince, la capitale d'Haïti, détruisant le Palais présidentiel et faisant des centaines de morts, dans un pays dépourvu de tout pour secourir les victimes.

AFP

Traumatisés par la longue secousse de magnitude 7 qui s'est produite à 16H53 locales (21H53 GMT), à seulement 15 km à l'ouest de la capitale surpeuplée, de nombreux Haïtiens passaient la nuit dehors, attendant la journée de mercredi pour commencer à compter les morts et évaluer les dégâts.

"Les morts seront comptés par centaines lorsqu'il sera possible de dresser un bilan", a averti un médecin, lui-même blessé au bras gauche et couvert de sang. La secousse a été suivie de 25 répliques très violentes, allant jusqu'à une magnitude de 5,9.

Haïti n'avait pas connu une secousse d'une telle violence depuis au moins un siècle, a indiqué l'Institut américain de géophysique (USGS).

Au milieu des corps sans vie ou blessés, de nombreux édifices publics se sont effondrés dans le centre de la capitale du pays le plus pauvre des Amériques. Le Palais national, siège de la présidence, s'est affaissé, ainsi que de nombreux ministères, le parlement et des églises.

Le président René Préval et son épouse ont cependant survécu à la catastrophe, a assuré l'ambassadeur d'Haïti au Mexique.

La secousse a très fortement perturbé les communications dans un pays aux infrastructures déjà très rudimentaires, rendant quasiment impossible l'acheminement de blessés dans les centres hospitaliers encore debout. Des pillards étaient en revanche à l'oeuvre dans un supermarché au nord de Port-au-Prince.

Selon un journaliste de l'AFP présent sur place, la secousse, très violente, a duré plus d'une minute, allant jusqu'à faire sauter les véhicules en pleine rue et dégageant un énorme rideau de poussière blanche sur la ville de quelque deux millions d'habitants.

"Le centre de Port-au-Prince est détruit, c'est une véritable catastrophe", a déclaré un habitant qui a marché plusieurs kilomètres pour regagner son domicile au milieu de scènes de panique.

De nombreux étudiants d'une université privée étaient bloqués sous les décombres de leur institution. "Nous avons pu dégager quelques personnes des décombres, il y a de nombreux blessés", a déclaré le responsable de l'institution sur la radio Signal FM à Pétion-ville, à l'est de Port-au-Prince.

D'autres établissements universitaires, comme l'école nationale d'administration et l'université de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) ont été également été détruits.

Le quartier général de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (Minustah), qui compte environ 11.000 personnes, s'est effondré en grande partie. "Pour le moment, de nombreux employés restent portés disparus", a dit le chef des missions de maintien de la paix de l'ONU, Alain Leroy.

Un travailleur humanitaire présent à Port-au-Prince a décrit une situation de "chaos" et dit redouter "des milliers de morts". L'ambassadeur d'Haïti aux Etats-Unis a estimé qu'il s'agissait d'une "catastrophe majeure" pour un pays déjà frappé par une série de catastrophes.

A Washington, le président américain Barack Obama a indiqué dans un communiqué que les Etats-Unis étaient "prêts à venir à l'aide du peuple d'Haïti". Plusieurs autres pays ont également offert leur aide, dont la France, le Venezuela et le Canada.

Deux avions français transportant des sauveteurs et de l'aide humanitaire, devaient partir mercredi de Fort-de-France, dans les Antilles voisines, et de Marseille (sud), a annoncé le secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet.

L'ONU préparait de son côté un effort massif de secours international.

Le séisme, dont l'épicentre se trouvait à 10 km de profondeur, a été si puissant qu'il a été ressenti jusqu'à Guantanamo, a indiqué le porte-parole du camp de détention américain à Cuba, situé à environ 300 km de Port-au-Prince. Une alerte au tsunami a aussitôt été émise pour l'ensemble de la région des Antilles, avant d'être levée dans la soirée.

Pour mesurer la puissance d'un séisme, l'USGS utilise la "magnitude de moment" (Mw). Sur cette échelle ouverte, un séisme atteignant une magnitude d'au moins 6 est considéré comme fort.

Haïti a déjà été frappé par une série de catastrophes naturelles, notamment des ouragans meurtriers en 2008 qui ont fait plus de 800 morts et environ un million de sinistrés. Quelque 100.000 maisons ont été endommagées.

Le pays caribéen a une population d'environ 9 millions d'habitants. Quelque 80% des Haïtiens vivent avec moins de deux dollars par jour.

 

 

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